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Une histoire upLIFT : faire face aux défis de la technologie de mémoire de traduction

Vous souvenez-vous de l’année 2005 ? Cette année-là, j’ai commencé à travailler en tant que traducteur indépendant et j’ai découvert le fonctionnement des outils de TAO et des mémoires de traduction (MT). Si vous ne vous en souvenez pas, ce n’est pas grave, car les systèmes de mémoires de traduction sont restés quasiment identiques en 2006, 2007, 2008… enfin, vous comprenez. À vrai dire, ils ont très peu changé au cours des dernières décennies. J’ai travaillé dans le développement de logiciel pendant 15 ans avant de me lancer dans la traduction, et même si les mémoires de traduction m’ont beaucoup aidé à respecter les délais, j’ai toujours pensé que le logiciel avait bien besoin d’une amélioration importante concernant l’affichage des propositions de traduction. Permettez-moi de vous expliquer…

Pour plus d’informations sur upLIFT dans SDL Trados Studio 2017, consultez notre page Web « Quest for the best match (À la recherche de la meilleure correspondance) »

Imaginez que ma MT contienne les segments suivants (voir le texte surligné) :

Voici le type de correspondances que je pourrais avoir pour différentes phrases :

C’est vraiment frustrant d’avoir une phrase comme celle de l’exemple C et de se dire : « N’ai-je pas déjà traduit le fragment « web content management » dans ce projet ? Pourquoi le logiciel ne le remarque-t-il pas et pourquoi ne me propose-t-il pas ma traduction précédente ? » Je pourrais utiliser la recherche de concordances, chercher parmi les trop nombreux résultats, et si je trouve une correspondance, je pourrais lire le texte cible (parfois long) pour m’assurer de la cohérence de la traduction. Mais ne serait-ce pas mieux si le logiciel trouvait automatiquement ces correspondances pour moi et s’il identifiait également la traduction dans le texte cible pour que je puisse l’insérer rapidement ?

Le plus frustrant était de recevoir une traduction renvoyée par le relecteur car j’avais traduit des fragments comme ceux-ci d’une façon (tout à fait correcte), alors que la mémoire de traduction contenait une formulation différente, provenant d’une précédente traduction, que le logiciel ne m’avait pas proposée. Sans compter le temps passé à effectuer les changements a posteriori. C’est bien la preuve qu’une proposition de traduction en amont m’aurait fait gagner du temps. Cette fois encore, j’aurais pu utiliser la recherche de concordances, mais pour m’assurer de la cohérence, j’aurais dû passer un temps fou à faire des recherches « juste au cas où » et tout cela m’aurait fait perdre beaucoup de temps. Et puis je n’étais pas le seul à en vouloir davantage.

En 2010, après avoir obtenu un master de traduction, on m’a demandé de donner des cours sur les outils de TAO. Fraîchement initiés à la technologie de mémoire de traduction, les étudiants devaient comparer et analyser les différents outils et pouvaient donc apporter un nouveau point de vue. Ils étaient souvent surpris de ne pas voir de propositions de traduction pour les fragments répétés, d’autant plus que dans la plupart des types de texte, les répétitions de fragments sont bien plus fréquentes que les répétitions totales ou partielles de phrases.

Parallèlement, en 2005, certaines parties du secteur de la traduction se sont intéressées à ce sujet, et en 2007, TAUS a publié un rapport sur l’importance de ce genre de récupération. Mais la récupération n’était pas totalement optimisée par les systèmes de MT. Les choses se sont améliorées en 2009 grâce à SDL Trados Studio et sa fonctionnalité AutoSuggest Creator, un outil très utile mais qui ne remplissait pas toutes les fonctions que j’attendais : les traductions de correspondances de fragment ne s’affichaient que lorsque je commençais à les saisir, je ne pouvais pas voir le contexte d’une traduction pour vérifier que le sens était correct et tous mes changements ou ajouts à la mémoire de traduction depuis la création d’un dictionnaire AutoSuggest ne s’affichaient pas. D’ailleurs, aucun autre système disponible sur le marché n’a réussi à combler mes attentes, et ce pendant des années, comme je l’ai démontré très clairement dans un doctorat présentant une meilleure façon de faire.

Le prototype de système de mémoires de traduction que j’ai développé pendant mon doctorat a attiré l’attention de SDL. Ils m’ont donc engagé et ce prototype constitue désormais la base des nouvelles fonctionnalités upLIFT dans SDL Trados Studio 2017. Ce qui est vraiment extraordinaire, c’est que cette fonctionnalité n’aide pas seulement pour le segment de l’exemple C du tableau ci-dessus en récupérant une traduction de « web content management », mais aide également pour le segment de l’exemple B. Je trouve maintenant des correspondances bien plus adaptées :

À quoi cela ressemble-t-il dans SDL Trados Studio ? Voici quelques captures d’écran de l’affichage classique :

upLIFT Fragment Recall

Illustration 1 : upLIFT fragment recall

En haut du volet Correspondance de fragment (Illustration 1), les parties du segment pour lesquelles il existe des correspondances sont soulignées et une liste de fragments source et leurs traductions est affichée. En cliquant sur les éléments de cette liste, je peux voir le contexte de l’unité de traduction dans sa totalité. Je peux insérer la traduction avec la souris ou grâce à AutoSuggest, comme vous pouvez le voir sur l’illustration.

upLIFT Fuzzy Repair

Illustration 2 : upLIFT Match Repair

L’illustration 2 est un exemple de correspondance réparée : dans ce cas, la réparation a modifié ma correspondance partielle en traduction parfaite qu’il me faudra simplement vérifier et confirmer.

Je suis absolument ravi de la façon dont l’équipe Expérience utilisateur de SDL a fait de cette fonctionnalité un outil facile à utiliser et à comprendre, qui s’affiche de façon à s’intégrer parfaitement aux fonctionnalités existantes. Désormais, lorsque je traduis (on ne me paie plus pour ça, mais je le fais pour garder un « point de vue traducteur » sur Studio) je ne saurais vous dire à quel point j’apprécie que les propositions de traduction soient affichées de la façon dont je rêvais depuis des années.

Alors, que se passe-t-il dans les coulisses pour que cela fonctionne ? Si vous voulez en savoir plus à ce propos, ne manquez pas la seconde partie de cette « histoire upLIFT », disponible prochainement…

Pour plus d’informations sur upLIFT dans SDL Trados Studio 2017, consultez notre page Web « Quest for the best match (À la recherche de la meilleure correspondance) »